Le métier de kinésithérapeute en France et dans les pays francophones

Le métier

Les kinésithérapeutes sont des professionnels de la santé qui aident les gens à améliorer leurs mouvements et à gérer la douleur. Ils travaillent avec une grande variété de patients, allant de ceux qui se remettent d’une blessure à ceux qui souffrent d’une affection de longue durée. Dans de nombreux pays, les kinés jouent un rôle important dans le système de santé.

Dans cet article, nous allons explorer la profession de kinésithérapeute en France et dans les pays francophones. Nous examinerons les différents parcours de formation, le champ d’exercice et les défis auxquels sont confrontés les physiothérapeutes dans ces pays. La France est un pays leader dans le domaine de la physiothérapie. La profession est bien établie et jouit d’une solide réputation.

L’histoire de la profession de kinésithérapeute

Le massage et la gymnastique médicale sont vieux comme l’humanité. Mais alors que la profession médicale existait avec ses professeurs, ses élèves et ses praticiens, les obscurs intervenants sur les pathologies externes ou sur les sportifs se référaient à des dons, aptitudes et pratiques empiriques ne relevant ni d’une science ni de connaissances préalables acquises. Ils n’existaient pas même comme applicateurs d’un métier. Point de compagnons, point de guilde, point de corporation des masseurs kinésithérapeutes dans l’histoire sociale du pays. La naissance du métier vient d’une prise de conscience de besoins de santé auxquels il fallait répondre après la guerre

La loi du 30 avril 1946 permit à un regroupement de masseurs, infirmiers masseurs, éducateurs physiques et gymnastes médicaux d’obtenir pour tous un exercice réservé (le monopole du massage et de la gymnastique médicale) et un titre protégé. Leur reconnaissance officielle les a classés dans la catégorie des auxiliaires médicaux.Cette jeune profession obtenait enfin sa maturité par la loi du 4 février 1995 qui créait l’Ordre des masseurs kinésithérapeutes.

Le métier de kinésithérapeute en France 

Le kinésithérapeute exerce une profession réglementée, en France, la possession du Diplôme d’Etat de Masseur-Kinésithérapeute est obligatoire.

En France Les kinésithérapeutes exercent essentiellement à titre libéral dans un cabinet.

En étroite collaboration avec le corps médical, le kiné peut exercer dans les hôpitaux et établissements de soins en tant que vacataire, il agit sous prescription médicale. Lisez notre article « Est-ce que les kinés peuvent faire une ordonnance ? » pour savoir quels dispositifs médicaux le kinésithérapeute est autorisé à prescrire.

Certains kinésithérapeutes travaillent directement dans les entreprises afin d’améliorer l’environnement des salariés et surtout prévenir les tracas du quotidien, tels que les entorses et torticolis.

Il peut aussi être amené à travailler dans les maisons de retraite ou dans les clubs de sport.

L’exercice de la profession de kinésithérapeute rencontre de multiples champs d’applications (orthopédie, neurologie, pneumologie…) pour tout les âges de la vie. Il existe également des kinés spécialisés comme les kinésithérapeutes du sport. Le kiné se forme de façon permanente afin de perfectionner ses méthodes de travail. Il participe aussi de manière active à la formation et à l’encadrement des stagiaires.

Le marché du travail des kiné en France 

Aujourd’hui ce sont plus de 90 000 kinésithérapeutes en France, qui sont inscrits au tableau de l’Ordre. Comme beaucoup d’autres professionnels de santé, les kinés sont concentrés surtout dans les grandes agglomérations.

Parmi les kinésithérapeutes, 15% sont salariés et 85% en exercice libéral, qu’il soit mixte ou exclusif.

Avec un taux de chômage très faible (moins de 2%), les kinésithérapeutes ne manquent ni de débouchés ni d’opportunités.

Les honoraires du Masseur-Kinésithérapeute sont fixés à l’acte selon une nomenclature officielle établie par le ministère des Affaires Sociales et de la Solidarité Nationale.

Si vous souhaitez connaître les niveaux de rémunération, chiffre d’affaire, salaires, du métier de kinésithérapeute, lisez notre article Combien gagne un kiné par mois ?

Les différents noms du métier de kiné dans les pays Francophones 

La lecture des définitions légales de la profession de masseur-kinésithérapeute montre une grande variabilité des termes employés. Selon les pays, les lois utilisent les appellations « kinésithérapeute » (Belgique, Cameroun), « masseur kinésithérapeute » (Algérie, Comores, Djibouti, France, Luxembourg, Madagascar, Togo) ou « physiothérapeute » (Canada, Liban, Suisse, Tunisie).

Le métier de masseur-kinésithérapeute existe sous deux formes au Canada : physiothérapeute ou thérapeute en réadaptation physique mais aussi en Suisse : physiothérapeute ou masseur médical.

Formation initiale du métier de kinésithérapeute

En France, le Ministère de la Santé Publique et le Ministère de l’Éducation Nationale gèrent ensemble la préparation à la profession de masseur-kinésithérapeute.

Le premier oriente ses directives vers le contenu de la formation masso-kinésithérapique, tandis que le second traite de sa mise en œuvre paramédicale.

Ce fonctionnement est commun à tous les pays qui possèdent de tels ministères. En l’absence de textes spécifiques à la profession de masseur-kinésithérapeute, la formation initiale en masso-kinésithérapie est une filière de l’enseignement supérieur gérée par le Ministère de l’Éducation Nationale. Les textes réglementaires s’utilisent plus couramment que des lois pour appliquer un programme d’enseignement. Huit pays ont édité des lois spécifiques à la formation initiale de masseur-kinésithérapeute : Algérie, Belgique, Canada, Djibouti, France, Liban, Luxembourg et Suisse.

Une première préoccupation semble être le programme de formation. Ces huit pays, à l’exception du Canada, font état du nombre d’années, des conditions d’accès ou des modules à valider.

Le Tchad, s’inspirant des programmes de formation continue de l’ONG7 Handicap International, et le Maroc, dont l’information provient du plan d’action santé de 2008-2012, partagent cette préoccupation.

Les modalités d’exercice sont régies pour les étudiants en stages pratiques en Algérie, en Belgique, au Canada, en France et au Luxembourg, et les conditions d’accès au titre de professionnel sont régies en Belgique, au Canada, aux Comores, en France et au Liban. Seulement trois pays précisent des lois concernant les établissements d’enseignements et la reconnaissance des équivalences (France, Liban et Suisse).

Conditions pour exercer le métier de kinésithérapeute

Afin de comparer les conditions requises à l’exercice de la profession, six critères ont été définis à partir de renvois au sein des textes de lois ou qui étaient répétés à travers plusieurs articles.

  • Diplôme : d’État ou non, certificat… C’est la preuve sanctionnant la formation initiale.
  • Autorisation, inscription : accord, délégué ou direct, du Ministère de la Santé associé à l’inscription au registre professionnel.
  • Nationalité uniquement : ne précise pas de conditions spécifiques aux masseurskinésithérapeutes étrangers.
  • Autres nationalités : conditions pour exercer en tant qu’étranger.
  • Moralité : avoir un casier judiciaire vierge et/ou un bon sens moral.
  • Santé : être en bonne santé.

Au Luxembourg, le maintien au droit d’exercer est conditionné par l’obligation de suivre les cours et enseignements parfois imposés par le Ministère de la Santé. La fréquence est fixée par voie règlementaire.

En Suisse, le professionnel diplômé doit d’abord exercer sur une période de 2 ans encadré par un thérapeute plus ancien.

En Tunisie, la loi qui précise les conditions pour exercer concerne l’ensemble des professions paramédicales dites « de libre pratique » (cf. arrêté du Ministre de la Santé Publique de Tunisie du 17 janvier 1998). L’exercice est conditionné à l’obligation de posséder une liste précise de matériel et l’interdiction de fermeture du cabinet (remplaçant à trouver en cas d’absence afin de conserver l’ouverture du cabinet).

De plus, il faut porter une blouse blanche et un badge comportant sa photo. Et comme en Algérie, il n’est pas prévu par la loi d’accueillir des professionnels étrangers.

Formation continue  du métier de kinésithérapeute

Au Luxembourg, les formations sont obligatoires pour quiconque n’exerce pas régulièrement sur une période de 5 ans.

En Algérie, des formations permettent aussi d’évoluer parmi cinq grades de la profession (masseur-kinésithérapeute breveté, diplômé d’État, de Santé Publique, spécialisé de Santé Publique et enfin major de Santé Publique).

Les Algériens doivent se perfectionner et participer aux stages organisés par le ministère. Les Luxembourgeois ont des stages de « recyclage » obligatoires dont certains sont imposés par le ministère (cinq jours par an ou quinze jours consécutifs sur 3 ans).

Droit d’exercer et formation continue sont ici indissociables, mais aucune recherche n’a permis de vérifier l’application de cette loi sur le terrain. En France, il est seulement fait mention du « développement professionnel continu obligatoire » à titre d’évaluation des pratiques, de perfectionnement des connaissances, d’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins et à titre de prise en compte des priorités de Santé Publiqu].

L’Algérie, la France et le Luxembourg sont les trois seuls pays qui présentent des formations continues sous forme législative. Les autres usent de textes réglementaires ou encouragent l’amélioration des compétences.

Organismes professionnels Les Ministères de la Santé Publique sont toujours à l’origine de la gestion de la profession. Ils décident et régulent la vie professionnelle, parfois de manière indirecte lorsqu’ils créent un « conseil de l’Ordre » comme à Djibouti, en France ou au Liban, un « collège » comme au Canada ou un « conseil supérieur » comme au Luxembourg. Sept pays n’ont pas d’organisme indirect dédié à la masso-kinésithérapie : Algérie, Belgique, Cameroun, Comores, Suisse, Togo et Tunisie. Dans certains pays, l’Ordre est commun à d’autres professions comme par exemple l’Ordre national des auxiliaires médicaux aux Comores ou l’énigmatique « Ordre des professions concernées » à Madagascar. De manière générale (même dans les pays qui ne bénéficient pas d’un Ordre ou d’organisme assimilé), des regroupements se forment en tant qu’associations ou fédérations. Ils ne sont pas tous accessibles par Internet, c’est par exemple le cas de l’association AMKITO8 au Togo qui participe pourtant à des journées internationales de la kinésithérapie.

Les directives législatives sur le mode de rémunération sont inexistantes dans la plupart des pays. Les limites et les compétences des actes professionnels sont régies par règlements. Parfois, comme en Algérie ou au Canada, il est indiqué l’interdiction de déborder sur les compétences des autres professionnels de santé. Des modalités particulières existent sous forme de lois pour l’exercice de l’acupuncture au Canada et des actes infirmiers sont autorisés en Belgique.La majorité des pays permettent de prodiguer des soins (thérapeutiques ou de confort) sous prescription ou sans prescription médicale. Ce n’est pas le cas de l’Algérie, la Belgique, le Liban, la Suisse et la Tunisie qui obligent à une prescription médicale pour tout acte professionnel. L’Algérie et la France mentionnent que le masseurkinésithérapeute a la possibilité de prescrire du matériel ; le Togo autorise aux masseurskinésithérapeutes la prescription de certains médicaments.